La Maison Vide (création 2017)

 

“Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur.” (J. Cocteau)

Voici des phrases, des histoires, des poèmes et des silences, reliés par une cohérence mystérieuse, qui ouvrent des espaces vides – des espaces libres.
Le silence est riche comme la mer, de tous les possibles.
La parole crée une pente irrésistible vers l’inconnu ; on est attiré loin de chez soi, et pas moyen de retrouver le chemin ; d’ailleurs l’envie de rentrer nous a quitté : allégé de nos habitudes, on veut en savoir plus.
Qu’est cela que chacun aurait pu aperçevoir s’il avait pu scruter la fenêtre magique de la pièce condamnée par le terrible Trimmatos ?
Que se passe-t-il entre les murs de l’église dont l’entrée nous est refusée ?
Quel est le son d’une seule main ? ...
Certains contes, dans leur contenu même, donnent l’impression de s’inventer, depuis la nuit des temps, au fur et à mesure ; les péripéties surgissent de nulle part, comme des poissons du fond de la mer. Et les épisodes qu’on ne raconte pas sont les plus beaux.
Lorsque l’édifice vacille, il convient de reconsidérer ses fondations.
Il s’agit de ne-pas-habiller de convenances ces histoires qui nous racontent, mais de les prendre au pied de la lettre : par le mouvement, le geste et la parole, on peut alors y confronter nos certitudes, les mettre en jeu.
Comment “fait-on” les choses, qu’est-ce qui est correct, incorrect, et où la réalité n’est-elle pas ?