Ostaar Klaké

Ostaar Klaké - Lina Lamont, Fabien Duscombs, Nicolas Lafourest, Florian Nastorg, Marc Démereau

Quintête kaléidoscopique - deux saxophones, une guitare, une contrebasse et une batterie - formé de musiciens improvisateurs désireux de jouer ensemble une musique de l'instant. Ils prolongent une amitié musicale et humaine de plus de quinze ans et créent leur musique comme ils vivent ensemble : logomachies, empoignades, festins, malices, surprises, embuscades, voyages...

À l'origine de leur musique, un matériau très « simple » et jubilatoire : la musique de Pharoah Sanders, comme prétexte pour lâcher les chevaux, les démons, les anges, et tout ce qui voudra bien surgir. Très vite, ce propos initial devient une image qui se démultiplie rapidement, sans limites.

Les trouvailles exquises sur le timbre du refus de la hiérarchie instrumentale prennent place au sein d'une esthétique, plutôt naïve, plutôt primitive, plutôt jouissive. Simple sans bêtise, forte sans insensibilité.

Ostaar a le goût de la citation prononcée et hardie. Il est nourri de tout ce qui sépare Pharoah Sanders de David Bowie, Art Ensemble of Chicago de Robert Wyatt, Olivier Messiaen de Nick Cave : il s’ébroue en entendant une ligne exprimée en complexes de sons variables, et tout à coup chante une musique superposée à elle-même en plusieurs variations simultanées.

Le langage harmonique d’Ostaar est, dès les premiers instants, un langage très personnel, irrespectueux d’une certaine tradition scholastique, ni essai de reconstitution jazzistico-rock, ni allusion pittoresque à des années érotico-junkies, seulement un fait en soi, un agencement privé extrêmement vivant, pour ainsi dire une sorte de principe d’incertitude, de joie du présent, de célébration viscérale du seul essai de vivre qui nous soit donné.

Leur musique s’accorde parfaitement avec le kaléidoscope d’images et de couleurs de la pensée onirique, pulsatrice et indisciplinée de Gargantua. Ostaar est fasciné par l’harmonie, hypnotisé par les polyrythmies, téléporté par les symphonies de timbres. Il s’encourage lui-même à expérimenter de subtiles gradations de ton pour que les accords et les rythmes traduisent une lumière intérieure, brillante, brûlante, douce et furieuse.